22/08/2006

Paul Auster: citations

 

 

Paul Auster est le plus francophone des écrivains post modernistes américains. Il vit et écrit à Brooklyn. Ses livres sont publiés en français par Actes Sud.

 

Son œuvre cache une structure narrative complexe où les digressions et les récits s’emboîtent les uns dans les autres, où l’intervention du hasard joue un rôle prépondérant et où l’identité de l’écrivain se mêle à celle du narrateur et du personnage principal du livre lui-même souvent à la recherche de son identité où de celle d’autres personnages.

 

Lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Auster

 

 

L’automne amoureux.

 

« L’amour entre gens d’un certain âge a ses côtés embarrassants et ses lenteurs comiques, mais aussi une qualité de tendresse qui échappe souvent aux jeunes. Vos seins, votre queue peuvent bien avoir perdu de leur fermeté, votre peau est toujours votre peau et si quelqu’un vous caresse, vous serre dans ses bras ou vous embrasse sur la bouche, vous pouvez encore fondre comme autrefois, quand vous pensiez vivre toujours. Nous n’en étions pas encore, Joyce et moi, au mois de décembre de nos vies mais, incontestablement, mai était loin derrière nous. Ce que nous vivions ensemble, c’était un après-midi de la fin ou de la mi-octobre, l’une de ces belles journées d’automne où le ciel est d’un bleu intense, l’air vif et savoureux et où un million de feuilles tiennent encore aux branches – brunes, en majorité, mais avec encore assez d’or, de rouge et de jaune pour vous donner envie de rester dehors le plus longtemps possible. »

 

Brooklyn Follies – Actes Sud

 

Fièvre acheteuse.

 

« Elle aimait les rituels de la société de consommation, et à l’instar de tant d’Américains avant et après elle, elle pratiquait les emplettes comme un moyen d’expression, élevé parfois au niveau d’une forme d’art. Entrer dans un magasin, c’était s’engager dans un processus alchimique qui attribuait à la caisse enregistreuse des propriétés magiques de métamorphose. Désirs inexprimables, besoins intangibles, nostalgies indistinctes, passés par la boîte à finances, en ressortaient comme des réalités, des objets palpables qu’on pouvait tenir en main. Ma mère ne se fatiguait jamais de se rejouer ce miracle, et les factures qui en résultaient devinrent une pomme de discorde entre elle et mon père. »

 

Le Diable par la Queue (suivi de Pourquoi écrire ?) – Actes Sud

 

 

L’argent : une fiction.

 

« L’argent est une fiction, après tout, du papier sans valeur qui n’en acquiert que dans la mesure où un grand nombre de personnes décident de lui en attribuer. Le système est fondé sur la foi. Non sur la vérité, ni sur la réalité, mais sur la croyance collective. Et qu’arriverait-il si on sapait cette foi, si un grand nombre de personnes se mettaient soudain à douter du système ? Théoriquement, le système s’effondrerait. »

 

Le Diable par la Queue (suivi de Pourquoi écrire ?) – Actes Sud

 

16:28 Écrit par Lucky Skywalker dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : citations, auster |  Facebook |

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