25/09/2008

Louis Perrier - L'exil de la Joconde

exil joconde [web520]L'auteur 

Louis Perrier a publié un livre pour la jeunesse, L'Homme aux poupées, avant d'écrire Le Pain de mémoire (Albin Michel,1999). L 'Exil de la Joconde est son deuxième roman pour adultes. 

Le livre 

1942. Face à la rapacité des Allemands et aux menaces de bombardements, le conservateur du musée du Louvre décide de mettre à l'abri ses toiles les plus célèbres en les cachant dans des demeures privées. Pour Roland Courrèges, qui voyait ses vingt ans comme un perpétuel été, c'est la fin des vacances. Parce qu'il veut échapper au STO et qu'il parle allemand, il est chargé d'accompagner quelques chefs-d'oeuvre - dont la fameuse Joconde - au château de Montai dans le Lot. C'est le début pour lui d'une rocambolesque aventure où, entre héroïsme et passion, il va peut-être vivre ses plus belles années... Dans ce roman aux multiples rebondissements, Jean-Louis Perrier fait revivre un épisode méconnu et passionnant de la Résistance: la sauvegarde du patrimoine artistique de la France.

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Cranach - Vénus

Extrait 

Les gens étaient admis par groupes de cinq dans une grande pièce où, sous des voûtes monumentales, une immense baie s'ouvrait sur la vallée. Je n'avais pas encore eu l'occasion de voir le premier tableau présenté : la Vénus de Cranach. Aussi sa découverte fut-elle un choc pour moi, ainsi que pour ceux qui s'avancèrent précautionneusement, je pus le vérifier en voyant leurs visages. Négligeant la jeune femme nue du premier plan, plate de poitrine, au pubis discrètement ombré et aux cheveux fins et blonds cascadant jusqu'au fessier, les yeux se portaient invariablement sur l'arrière-plan du tableau. L'instituteur de Saint-Jean, le premier, en fit la remarque : ce paysage allemand aurait pu être la synthèse de plusieurs panoramas fameux des environs. Juché sur une falaise abrupte, le château surplombait une ville. Si on imaginait cette ville fortifiée sans ses remparts, on voyait un Roc Amadour tranquillement assis en bord de rivière. Un Roc Amadour reflété dans une eau limpide où le vert des feuillages aurait laissé bouillonner à ses pieds la traîne, inversée, bleue et verte, d'une rêverie de fortifications et de temples aux bulbes effilés, l'hésitation d'un peintre nordique entre Europe et Asie.

En écrivant ces lignes, je crains que leur lecture n'eût suscité chez mon maître de l'irritation car, dès le début de son séjour parmi nous, il témoigna d'un agacement amusé devant notre propension à considérer les paysages de chez nous comme le maître-étalon de la beauté et de l'harmonie.

L'autre chef-d'oeuvre présenté produisit un effet aussi saisissant que le Cranach. Hourens, contre les conseils de plusieurs, avait décidé de montrer La Vierge au chancelier Rolin de Jan Van Eyck, bien que sa perte eût constitué un dommage inexpiable pour un conservateur.

Le tableau s'ouvrait sur une rivière. Le regard n'y glissait qu'après avoir distingué le visage puissant d'un homme d'âge mûr, en adoration devant une vierge à l'enfant. Face au Van Eyck, la vallée où la Dordogne était envahie de barques enrubannées. Dans la perspective du tableau aussi, un fleuve serpentait sous le pont aux arches douces, allait perdre ses eaux dans un entremêlement de montagnes bleutées. Les berges, étagées de vallons abrupts piquetés d'arbres aux verts éteints, montraient les mêmes nuances de vert, un peu roussâtre, que les collines autour de Castelnau; les fortifications des ponts du tableau présentaient les mêmes ocres que le chemin de ronde, visible par la fenêtre d'où montaient des exclamations joyeuses et de la musique militaire.

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Jan Van Eyck - La Vierge au Chancelier Rolin

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24/09/2008

Vauban

Vauban [web520]Daniel Halévy - Vauban
Editions Bernard Grasset - 1924

Extrait.

Cet homme au nom si populaire, que savons-nous de lui ? quel fut son style, et l'accent de sa voix ? Nous l'igno­rons. Vauban est un symbole dont l'être nous échappe. Dans ce siècle qui s'est raconté, qui s'est montré avec génie, Vauban passe, on le voit à peine. Madame de Sévigné ne semble pas l'avoir connu. La Cour intéresse; Vauban n'en est pas. S'il vient â Versailles, c'est pour affaire pres­sante, et son séjour est bref. Il y est aussi gauche que Jean Bart glissant avec ses clous sur le parquet de la galerie des glaces ; comme le marin sent la marée, Vauban le maçon sent le plâtre et la terre. Il est toujours au loin, dans la neige, dans la boue ; s'il ne combat pas, il construit, voyage et lève des plans. Vauban s'est dévoué à son oeuvre, il y a disparu. Cette oeuvre même nous demeure inconnue. Versailles, tout concentré, visible, est un spectacle à jamais éclatant. Nous visitons, nous vénérons Versailles. Or savons-nous que Louis XIV a construit un ensemble plus grandiose encore, aussi logique, plus puissant, presque aussi beau ? Cet étonnant ensemble soustrait à notre vue par l'immensité même, c'est la frontière de la vieille France, c'est ce savant et subtil réseau de places fortes, de plaines inondables, de batteries, de canaux ; cette cuirasse de pierre, d'eau, de terre, de feux croisés, qui a dessiné la France, qui la dessine encore. Nous n'en apercevons jamais qu'un détail, la pente d'un talus, l'écusson d'une entrée. Ce détail souvent nous gêne et nous le détruisons : tel bastion est rasé et telle porte tombe. Pais nous avons beau faire, l'oeuvre est toujours debout, plus haute que nos atteintes.

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15/09/2008

Le vice et la vertu.

On ne conduit bien une femme mariée sur la voie du vice qu'en égarant d'abord son mari sur celle de la vertu.

Frédéric Richaud
La Ménagerie de Versailles
Le Livre de Poche 3103

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Dinant: vallée de la Meuse et chaussée romaine

Voici, au départ de Dinant, une ballade en vélo de route d'environ 50 km qui vous fera découvrir les bords de la Meuse et le plateau parcouru par l'ancienne chaussée romaine.

Au départ, on parcourt la plus belle partie de la vallée de la Meuse. Le macadam n'est pas toujours très bon, mais on découvre les plus beaux villages en bords du fleuve: Anseremme, le château de Freyr avec ses rochers, Wausort puis Hastière où on quitte la vallée de la Meuse pour remonter vers les grottes du Pont d'Arcole. Là, la plus importante ascension du parcours vous attends car il faut grimper jusqu'à Inzemont avant de parcourir le plateau jusqu'à la route de Soulme à Morville.

Après avoir traversé avec prudence la chaussée de Philippeville à Dinant, on rejoint deux des châteaux de Onhaye avant de traverser Serville et, après être passé devant l'église un peu isolée, de grimper sur le plateau par la chaussée romaine que l'on suivra à travers champs en passant par Weillen. On poursuivra tout droit par cette chaussée romaine aujourd'hui transformée en chemin de remembrement avec un excellent revêtement (cette partie de l'itinéraire ne figure pas sur les cartes Google: il ne faut donc pas ttenir compte du tracé ci-dessous proposant un itinéraire de déviation). On atteind alors le quartier de Bonsecours qui domine la ville de Dinant avant de redescendre par une pente accentuée vers le centre de la ville.

18:45 Écrit par Lucky Skywalker dans Vélo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dinant, meuse, anseremme, waulsort, hastiere, chaussee romaine |  Facebook |

10/09/2008

L'amitié.

Vous quittez un ami avec lequel vous avez partagé le souffle d'une agréable connivence et, soudain, vous comptez vos années d'amitié comme on compte ses pas, le temps de s'habituer à son absence, le temps de prolonger sa présence en vous. Pas facile de s'éloigner d'un bon feu pour retrouver l'éternel hiver des besogneux. L'amitié, c'est le plat de résistance du menu de la vie.

Dominique Martial.
Les Papillons d'Or.

18:30 Écrit par Lucky Skywalker dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : martial |  Facebook |

03/09/2008

La Meuse de Givet à Vireux.

 Ce parcours d'environ 50km est entièrement réalisable en vélo de route à partir de Soulme. Dès le départ, il faudra affronter la côte de Gochenée puis, à partir d'Agimont, descendre vers la Meuse à Heer-Agimont où l'on passe sur l'autre rive du fleuve.

De Givet à Vireux, la Voie Verte inaugurée en juin 2008, longe la Meuse sur une superbe bande de macadam réservée exclusivement aux vélos, rollers et piétons. A Chooz, on quitte cependant la Meuse pendant quelques kilomètres pour la retrouver à Ham-sur-Meuse.

Depuis Vireux, après avoir retraversé la Meuse, on remonte la vallée du Viroin pour regrimper sur le plateau à Mazée. La suite du circuit n'offre pas de difficulté particulière par Niverlée, Gimnée et Vodelée où il faudra cependant remonter de la vallée de l'Hermeton vers Romedenne et Surice avant de regagner le point de départ. 

 

19:30 Écrit par Lucky Skywalker dans Vélo | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : givet, vireux, meuse, viroin |  Facebook |

02/09/2008

Petit traité de vélosophie.

velosophie01 [web520]Didier Tronchet:

Petit traité de Vélosophie

Réinventer la ville à vélo.

Le cycliste urbain est par nature un inventeur. Son mode de transport archi-minoritaire le conforte dans l'idée qu'il vit l'ère glorieuse des pionniers. Et cette page blanche de l'histoire de l'humanité écrite de ses pneus est un beau défi qu'il relève chaque jour en même temps que la tête, un œil sur la circulation, afin d'éviter d'être un martyr prématuré.

 

Extraits.

A hauteur de vélo.

 

velosophie02 [web520]A HAUTEUR DE VÉLO, le monde est autre. D'abord et précisément grâce à ce rehaussement de point de vue. Indiscutablement, le cycliste est au-dessus de la mêlée. Cette posture tranquillement dominante ne doit pas lui conférer un sentiment de supériorité (haut mais pas hautain), simplement une petite distance de recul, qui n'est pas loin d'être celle du fumeur de pipe. Buste droit, menton haut, le cycliste flotte au-dessus de la multitude, sans mépris, mais sans non plus paraître concerné par les contingences désolantes du plancher des vaches.

Cette bonhomie le transforme en petite bulle d'hélium mobile au-dessus d'une ville en folie. Et cet état d'esprit ne peut qu'induire un regard bienveillant, aux antipodes des pupilles dilatées par la paranoïa d'un automobiliste noyé dans une agitation circula­toire, forcément hostile.

C'est aussi un regard totalement présent; à cha­que instant mille détails de l'environnement le sol­licitent, libre qu'il est de toutes carrosseries physiques ou mentales. La ville redevient amie, terrain de jeu. C'est donc le monde qui a vacillé sur son axe. Dans une infinitésimale proportion, mais vacillé quand même.

 

 

La vélosophie.

 

velosophie03 [web520]LA VÉLOSOPHIE est donc l'ensemble des idées, intui­tions et sensations nées sur un vélo. Cet espace privi­légié et paradoxal de détente dans la tension environnante produit un type de réflexion particulier, souvent proche de la fulgurance.

Ce n'est pas seulement le vélo qui est propulsé vers l'avant, c'est aussi l'esprit tout à coup percuté par une multitude d'idées météoriques, un peu comme on tra­verse un nuage de moucherons dans une descente, la bouche malencontreusement ouverte.

Cette ouverture de l'esprit avaleur de moucherons est la conséquence d'un autre phénomène également lié au vélo: le mental, ennemi de l'intuition, de par sa fâcheuse manie de parasiter les instants de grâce de ses gamberges stériles, le mental, donc, se trouve neu­tralisé à bicyclette, tout absorbé par la conduite et la sécurité du conducteur.

La partie purement créative de l'esprit peut ainsi se détacher en catimini et accueillir toutes les susdites fulgurances, en une petite orgie jubilatoire. La bête machine un brin désuète, devient outil libérateur de la pensée.

18:30 Écrit par Lucky Skywalker dans Vélo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cyclisme |  Facebook |