11/03/2009

François Mauriac: A Jean Cocteau

Sous des cheveux trop lourds, figure étroite et mate,
Votre sourire est mystérieux et cruel...
Vos doigts laissent aux doigts une odeur d'aromate
Je sens que votre bouche a l'odeur du bétel...
La joie ou la douleur de vivre surabonde
En vos yeux adorés, enviés, décriés...
Apre et doux petit dieu, vous allez par le monde,
Toute la vie en vous reflue - et vous criez!
Vous allez, bel oiseau, sans jamais atterir,
Renversant votre cou tiède et doux de colombe,
Et criant aux désirs assaillants: je succombe!
Un Dieu, pour vous, peut-être, oublia de mourir...
Adolescence libertine et caressée,
Forme suave, grave et fine de l'Amour,
Que de femmes vont appeler dans ce soir lourd
Les irritants baisers de vos lèvres gercées...

François Mauriac
6 mars 1911

cocteauJean Cocteau

18:45 Écrit par Lucky Skywalker dans Culture | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : mauriac, cocteau |  Facebook |

10/03/2009

Paroles de Sénèque.

seneque
Une grande partie de la vie s'écoule à mal faire, la plus grande à ne rien faire, la vie tout entière à faire autre chose.


La fréquentation du grand nombre est notre ennemie: il y a toujours quelqu'un pour nous faire valoir quelque vice, ou l'imprimer en nous, ou, à notre insu, nous en imprégner.
Les besoins naturels sont bornés; ceux qui naissent d'une opinion fausse n'ont pas où s'arrêter; le faux, en effet, n'a pas de limite.
Selon l'avis de nos ancêtres, il est trop tard pour épargner quand on arrive au fond; ce n'est pas seulement, en effet, la part la plus petite qui subsiste à la fin, mais la plus mauvaise.
Si teux veux dépouiller toute inquiétude, quelque événement que tu redoutes, envisage sa venue de toute façon; et ce mal, quel qu'il soit, mesure-le toi-même par rapport à toi et évalue ta propre crainte: tu comprendras assurément que ce dont tu as peur est ou bien sans importance ou bien sans durée.
Vis avec les hommes comme si les dieux te voyaient, parle avec les dieux comme si les hommes t'entendaient.
Chaque jour nous mourons; chaque jour en effet, nous est ôtée une part de la vie; et, alors même que notre âge s'accroît, la vie décroît... Comme ce n'est pas la dernière goutte qui vide une clepsydre, mais tout ce qui s'est écouolé auparavant, de même l'heure ultime à laquelle nous cessons d'être ne nous tue pas à elle seule: si c'est alors que nous parvenons à elle, nous avons mis longtemps à y parvenir.

13:13 Écrit par Lucky Skywalker dans Citations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : seneque |  Facebook |

03/03/2009

Massimiliano Fuksas: parole d'architecte.

Capture01 [Web]
Centre de recherche et de multimedia, Grappa Nardini, Vicenza (Italie).

"Il n'y a plus d'avant-garde, c'est devenu impossible dans un temps aussi raccourci que le nôtre. Tout se fait trop vite. Avant il y avait un décalage entre l'invention et la réalité de l'application, mais c'est terminé, ça appartient désormais à une vision romantique des choses."

Massimiliano Fuksas.

Lien: www.fuksas.it

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Zénith de Strasbourg (France).

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Graffiti Museum, Niaux (France).

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Centre Euromed, Marseille (France).

13:27 Écrit par Lucky Skywalker dans Architecture | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : fuksas |  Facebook |