04/11/2007

Les trois passoires de Socrate.

Quelqu'un arriva un jour tout agité auprès de Socrate et lui dit:
- Ecoutes Socrate, en tant qu'ami, je dis te raconter...
- Arrête, as-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois passoires?
- Trois passoires?
- Oui, mon ami, trois passoires. La première est celle de la vérité. As-tu examiné si tout ce que tu vas me raconter est vrai?
- Non, je l'ai entendu raconter et...
- Bien, bien, mais assurément tu l'as passé à travers la deuxième passoire - c'est celle de la bonté. Est-ce que, même si ce n'est pas tout à fait vrai, ce que tu veux me raconter est au moins quelque chose de bon?
- Non pas, au contraire.
- Essayons donc de nous servir de la troisième passoire, et demandons-nous s'il est utile de me raconter ce qui t'agite tant...
- Utile, pas précisément...
- Eh bin, dis le sage, si ce que tu as à me dire n'est ni vrai, ni bon, ni utile, oublie-le et ne t'en soucie pas plus que moi!

socrate enseignantJosé Aparicio Inglada (1770 -  1838): Socrate enseignant, 1811 (Musée de Castres)

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02/11/2007

Ordre et désordre.

L'ordre est le plaisir de la raison; mais le désordre est le délice de l'imagination.

Paul Claudel.

matta puissance du désordre 1965~1

Matta: La Puissance du Désordre (1965)

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13/06/2007

Etre soi-même.

Le Net regorge de messages, de blogs et de blagues que l'on se transmet de l'un à l'autre par messagerie, au point d'en être parfois inondé... Heureusement, une perle pleine de bon sens retient parfois l'attention. L'auteur en reste souvent inconnu(e), mais ses propos méritent néanmoins de passer quelque peu à la postérité, même virtuelle... Merci à Sophie, illustre inconnue.

Être soi-même

Des gens uniques, de par le monde,
Il en naît à chaque seconde.
Chacun de nous porte en soi
Une chose que les autres n'ont pas.
Les défauts et les qualités
Font un cocktail à mélanger
Pour obtenir ce petit goût
Celui qui n'appartient qu'à nous.

Les êtres humains sont si divers
Qu'il y a toujours sur la terre
Quelqu'un qui trouvera en nous
Ce qui lui manque par dessus tout.

Certains recherchent leurs contraires,
D'autres, c'est leurs semblables qu'ils préfèrent
Mais l'important c'est d'arriver
A s'accepter tel que l'on est.

Et chercher à s'améliorer
N'est pas forcément tout changer.
Quand on commence à s'apprécier,
L'entourage l'a vite remarqué,
Il essaie de savoir pourquoi
On se sent tellement sûr de soi.

Et tous ces gens qu'on admirait
Finissent par nous envier.
Car eux aussi, ils cherchent ailleurs
Ce qu'ils possèdent à l'intérieur.

               ...Sophie

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07/06/2007

Pierre Magnan: Un monstre sacré.

monstre sacreLa conscience.

La conscience est un élément de l’être sournois et patient. Tels qui croient n’en pas avoir se trouveront emplafonnés dedans au détour d’une année, d’une heure, d’une seconde, brusquement, brutalement sans crier gare comme on heurte du pied une grosse pierre qu’on n’a pas vue ; surgie au milieu d’une route, au détour d’un sentier, alors que vous êtes en train de compter les bénéfices d’une affaire florissante ou de faire l’amour avec joie.
Il reste que l’absence de conscience est l’apanage d’une élite. Soit que celle-ci en soit génétiquement infirme, soit qu’on la lui ait bienheureusement ôtée dès la naissance comme une opération chirurgicale ou du Saint-Esprit, ou comme si certains étaient nés orphelins de cette seule preuve de l’existence de Dieu.
Mais si l’on est frappé, il faut être bien naïf pour croire qu’on peut la rédimer par la simple confession devant un prêtre. Je voudrais bien savoir combien de véritables catholiques se sont sentis soulagés de vrais péchés par le simple aveu oral de leur existence. La conscience ne vous laisse jamais vous en tirer à si bon compte.

Se connaître soi-même.

Il est important de se connaître soi-même jusque dans ses replis les plus abjects si l’on prétend jouer au juste.

Actes muets.

Nos actes nous suivent, certes, mais ils sont muets. Nous ne savons pas, nous ne savons jamais quand nous nous mêlons de peser sur le destin d’autrui si nous avons bien ou mal fait.

Miracles.

Le propre de tous les miracles c’est de s’installer dans l’existence d’un homme avec le plus parfait naturel et sans aucun chambardement.

Destin.

Chaque fois que le destin nous impose une manifestation flagrante de son poids, toute la ressource dont nous disposons pour masquer notre effroi, c’est le rire.

Baiser.

C’est si étrange d’embrasser pour la première fois de sa vie une femme inconnue dont les lèvres, la langue, le menton, les yeux, se rapprochent soudain de votre visage à une vertigineuse vitesse. C’est si étrange ce don, cette confiance, cet aveu, qu’aucun oubli n’en efface jamais la trace, qu’aucune pudeur ne vous interdit d’en écrire, qu’aucune sensation de déjà dit ou de déjà éprouvé ne vous détourne de vous en souvenir. Ceux qui ne se souviennent d’aucun baiser de leur vie et qui ont passé outre, blasés ou désenchantés, n’ont jamais su ce qu’était l’amour, celui d’autrui ou celui de soi-même, n’ont jamais su l’émoi, la divine création. Moi, Dieu merci, j’ai reçu le privilège de me souvenir de tout à foison et je n’en ai jamais, de ces baisers, renié un seul.

Amour et compassion.

En réalité, il n’y a pas d’amour sans compassion, sans que l’immense besoin de changer le destin de quelqu’un par votre intervention ne vienne soulever votre orgueil : vous vous jugez plus capable de sauver un être que tous ceux qui jusqu’ici l’ont aidé à vivre. Vous êtes prêt à assumer. Vous vous chargez de cet adulte comme d’un enfant que vous auriez eu. Et vous savez que la promesse que vous vous faites à vous-même, même si jusqu’ici vous avez été parjure envers toutes celles que vous avez faites à autrui, cette promesse-là vous enchaîne, vous rive, et vous y perdrez votre existence plutôt que de ne pas vous y soumettre.

Extraits de "Un monstre sacré" de Pierre Magnan
Editions Denoël, 2004
Poche : collection Folio

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10/05/2007

Lettre de Louis XIV à Vauban.

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Vue aérienne de Brest.

En 1694, Vauban est Commissaire général des fortifications de Louis XIV et inspecte les côtes de Bretagne menacées par Guillaume d'Orange, alors souverain de la Grande-Bretagne et des Provinces-Unies, les deux plus importantes puissances maritimes d'Europe.

Convaincu qu'une attaque anglo-hollandaise menace la ville de Brest, Louis XIV nomme Vauban au commandement de la place. Cette décision est exceptionnelle car si Vauban porte bien le titre de lieutenant général, c'est en tant qu'ingénieur et non en tant que militaire. Lui confier un tel poste de commandement passe donc outre des grandes traditions militaires.

La lettre que Louis XIV adresse a Vauban pour lui signifier sa nomination se termine par ces mots:

"L'importance de Brest fait que je ne veux pas me reprocher de n'avoir pas contribué de tout ce qui peut dépendre de moi pour essayer d'empêcher les ennemis de réussir dans cette entreprise."

"L'emploi que je vous donne est un des plus considérables par rapport au bien de mon service et de mon royaume; c'est pourquoi je ne doute point que vous ne voyiez avec plaisir que je vous y destine et ne m'y donniez des marques de votre zèle et de votre capacité, comme vous avez fait en toute rencontre."

A l'époque, les choses savaient être bien dites...

Site consacré aux places-fortes de Vauban: http://www.sites-vauban.org/

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Vue aérienne de Saint-Martin-de-Ré.

Site consacré aux photos de villes: www.photos-de-villes.com



 

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02/05/2007

Paroles d'inconnus.


Il est bien malheureux celui qui n’a jamais rencontré dans sa vie quelque chose qui mérite que l’on perdre tout.
La démocratie est née en même temps que la vaccination. L’une comme l’autre consiste à accepter de devoir lutter contre son contraire pour pouvoir s’affirmer.
A la question que posait La Fontaine à propos d’un bloc de marbre : « Sera-t-il Dieu, table ou cuvette ? », il est bien évident qu’on ne puisse pas répondre Dieu chaque matin.

 

20:30 Écrit par Lucky Skywalker dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/04/2007

Destruction et création.

Nous traversons actuellement une de ces phases de destruction et de création simultanée comme il s’en est trouvé peu dans l’histoire de l’humanité. Sachons en profiter pour analyser, avec une curiosité sympathique, les efforts de ceux qui, parmi les artistes, manifestent indiscutablement leur accord avec les formes dominantes de la vie moderne. Au lieu de dénoncer – tâche facile – la fin du monde, essayons de comprendre comment s’en élabore un nouveau.

 

Pierre Francastel.

 

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