24/07/2008

Arturo Pérez-Reverte: Le Tableau du Maître flamand

Perso0005 [Web520]Arturo Pérez-Reverte. 

Né à Carthagène en 1951, Arturo Pérez-Reverte appartient aussi bien au monde journalistique que littéraire. Il a suivi, en qualité de journaliste de presse, de radio et de télévision, un grand nombre de conflits internationaux depuis ces dix-huit dernières années.

Sa carrière littéraire, débutée avec El Maestro (1988) et El Husar (1990), marque ensuite une étape importante avec Le Tableau du Maître flamand qui a obtenu le Grand Prix de littérature policière 1993. 

Le Tableau du Maître flamand. 

Sur la toile, peinte il y a cinq siècles, un seigneur et un chevalier jouent aux échecs, observés depuis le fond par une femme en noir. Détail curieux : le peintre a exé­cuté ce tableau deux ans après la mort mystérieuse d'un des joueurs et tracé l'inscription " Qui a pris le cavalier ? ", également traduisible par : " Qui a tué cavalier ? " Tout cela n'éveillerait que des passions de collection­neurs si des morts violentes ne semblaient continuer la partie en suspens sur la toile. Et c'est ainsi que l'histoire, la peinture, la logique mathématique viennent multiplier les dimensions d'une intrigue elle-même aussi vertigineuse que le jeu d'échecs... 

Une œuvre d'une originalité étonnante, traduite dans de nombreux pays et couronnée en France par le Grand Prix de littérature policière 1993. 

Citation. 

La vie est une espèce de restaurant coûteux où l'on finit toujours par vous remettre l'addition, sans qu'il faille pour autant renier ce qu'on a savouré avec bonheur ou plaisir.

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23/07/2008

Jean Diwo: Les Violons du Roi.

Perso0003 [Web520]Jean Diwo. 

Pour écrire sa saga des Dames du Faubourg, Jean Diwo, pari­sien depuis trois générations, a abandonné il y a dix ans une longue carrière de journaliste. Formé à l'école des grands quoti­diens puis de Paris-Match où il fut grand reporter, il a fondé et dirigé durant vingt ans Télé 7 jours.

Les violons du Roi a été publié aux Éditions Denoël en 1990. 

Les violons du Roi. 

Voici le roman d'une poignée d'artisans de génie installés à Crémone, dont Antonio Stradivari, le plus grand luthier de tous les temps, qui achève de transformer le violon vulgaire et grinçant des ménétriers en instrument royal. Durant plus de soixante ans, l'atelier de Stradivari livre aux rois et aux princes des violons aux sons et aux vernis magiques, jamais égalés depuis. 

Dans le roman de Jean Diwo, la musique baroque fait vibrer les chapelles, les salles de concerts, et se mêle intimement à l'histoire des luthiers. A Rome, Corelli fait pleurer la reine Christine de Suède en jouant de son stradivarius et le révérend Antonio Vivaldi entraîne Venise dans le tourbillon de ses « Quatre saisons ». Le «Prêtre roux», s'il ne dit pas la messe, dirige de son archet enchanté l'école de musique des jeunes filles de la Pietà et trimbale à travers les cours d'Europe, et jusqu'au Vatican, sa cohorte de nonnettes musiciennes et chanteuses. Ainsi, pris par la magie du violon, artisans et grands seigneurs, jeunes femmes espiègles et mères de famille austères, apprentis et virtuoses vivent, aiment et meurent dans une Italie à la fois rayonnante et déchirée. 

Extrait . 

En fait, nos instruments ont les formes d'une belle femme. L'évidement des côtés est d'une grâce qu'on ne saurait comparer qu'à la taille la plus fine et la mieux dessinée de nos compagnes. Nous nous éver­tuons même à enrober ces courbes parfaites de filets, de volutes sculptées dans la douceur des plus beaux bois. Il n'y a pas si longtemps, j'habillais mes belles, car, je vous le répète, le violon, comme la viole, est une femme, d'éclisses finement incrustées de fleurs et de pampres ciselés. Le soir venu, nous quittons ce poème de grâce qu'est le violon pour retrouver auprès de notre femme les courbes vivantes de la vie. Mes amis, je vous le dis, le luthier est sensuel de nature. C'est un être attentif, raffiné et voluptueux. Devant son établi comme dans son lit!

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22/07/2008

Alain Baraton: Le Jardinier de Versailles

Perso0002 [Web520]Alain Baraton 

Jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand Parc de Versailles, Alain Baraton, cinquante et un ans, travaille depuis trente ans dans ces lieux. Il tient la chronique hebdomadaire de jardinage sur France Inter. 

Le Jardinier de Versailles 

Dans ce livre, le premier jamais écrit par un jardinier de Versailles, Alain Baraton nous raconte son itinéraire personnel mais aussi l'histoire de ce parc prestigieux, y mêlant une foule d'anecdotes qui touchent à la grande comme à la petite histoire. 

Des fêtes de Louis XIV, avec ses feux d'artifice qui émerveillent l'Europe, à Stéphane Mallarmé enterrant ses chats auprès du grand bassin, il nous montre le Versailles éternel, où chaque bosquet abrite un trésor.

Il nous révèle aussi le Versailles actuel, reconquis, à force de passion et de travail, sur la tempête de 1999. 

Muni d'une documentation précise et souvent inédite, Alain Baraton imbrique librement passé et présent, autobiographie et histoire, et nous confie son merveilleux jardin secret. 

Extrait : A propos de Louis XV. 

J'imagine bien quel genre de personne il devait être : nonchalant, gourmand, hautain, et bien sûr un extraordinaire coureur de jupons : et chacun sait qu'ils étaient nombreux à cette époque ! On raconte qu'un cardinal lui reprochait ses frasques sexuelles, en lui disant sans cesse, d'un ton lassé et accusateur à la fois : « Majesté, la Reine, la Reine. » Le monarque finit par s'inquiéter des reproches du car­dinal : il n'est jamais bon de laisser libre cours aux rumeurs, même quand on est roi. Et puis je soup­çonne le roi d'avoir eu peur car, même au siècle des Lumières, la peur de l'enfer est une réalité à laquelle un roi de droit divin ne pouvait échapper. Louis le débauché l'invite à souper et à dîner à Trianon pour quelque temps. Voilà un honneur qui ne se refuse pas, et notre cardinal devait déjà se voir en nouveau Mazarin... L'homme d'Eglise se retrouve seul à table. Interloqué, il est d'autant plus perplexe que, à chaque repas, on lui sert de la dinde, qui plus est tou­jours accommodée de la même manière. Enfin Louis XV paraît et le cardinal s'étonne :

-  Majesté, je ne comprends pas : de la dinde, toujours de la dinde, rien que de la dinde !

Et le roi de lui répondre :

-  La Reine, toujours la Reine, rien que la Reine !

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21/07/2008

Douglas Kennedy: Rien ne va plus

Perso0001 [Web520]Douglas Kennedy. 

Américain, né à New York en 1955, Douglas Kennedy a été dramaturge et journaliste. Il a écrit trois récits de voyages remarqués, mais c'est un polar, Cul de-sac, qui l'a révélé. Il publie par la suite L'homme qui voulait vivre sa vie (1998), traduit en une quinzaine de langues et dont les droits d'adapta­tion cinématographique ont été achetés. Ses derniers ouvrages, Les désarrois de Ned Allen, La poursuite du bonheur, Rien ne va plus, et Une relation dange­reuse ont également connu un immense succès. Les charmes discrets de la vie conjugale a paru en 2005 aux éditions Belfond, suivi de La femme du Ve (2007) toujours chez Belfond. Douglas Kennedy vit actuellement à Londres avec sa femme et ses deux enfants. 

www.douglas-kennedy.com 

Rien ne va plus. 

Cela fait plus de dix ans que David Armitage, aspirant scénariste à Hollywood, rame, attiré irrésistiblement par le mirage de la célébrité. Dix ans de galères qui ont eu raison des rêves d'actrice de sa femme Lucy Dix longues années qui ont dégradé leur relation, seulement égayée par la présence de la petite Caitlin... Mais, alors qu'il est sur le point de perdre tout espoir, le miracle se produit : un de ses scéna­rios est acheté par une chaîne de télévision. Le succès immédiat de la série fait de lui un homme riche et envié. Alors que sa nouvelle vie le comble, David, abusé par les promesses mirobolantes, va découvrir que la gloire est souvent éphémère... 

« Ce livre sur la manipulation et le plagiat est d'une efficacité redoutable. C'est du suspense en relief. »

P. V. - Le Parisien 

Cet ouvrage a reçu le prix littéraire du Festival du cinéma américain de Deauville 

Extraits 

Le succès était de retour, d'accord, mais il ne pouvait conduire qu'à d'autres réussites, lesquelles ouvraient sur... sur quoi, d'ailleurs ? Quelle était la destination finale ?

C'était le plus déroutant de tout. On peut passer des années à chercher quelque chose mais, quand on l'a devant soi, sous la main, on se rend compte qu'il s'agit seulement d'une étape sur la route des illusions, aussi éphémère que le succès, et que le terminus n'existe pas. Si j'avais tiré une leçon de ce voyage impos­sible, pour ma part, c'était que le seul véritable but de cette quête désespérée réside dans une confirmation quelconque de sa propre valeur. Une justification de son existence, que l'on ne peut trouver que chez ceux qui sont assez fous pour vous aimer ou que vous avez réussi à aimer.

__________ 

Tout est récit, et le simple fait de conter, de narrer, renvoie à cette vérité première : nous avons besoin de crise, d'angoisse, d'attente, d'espoir, de la peur de se tromper, de soif de la vie que nous pensons vouloir et de la déception que nous inspire celle qui est la nôtre. D'un état de tension qui nous fasse croire à notre importance, à notre capacité à aller au-delà du trivial. Du constat que nous restons constamment dans l'ombre du Grand Méchant Loup, même si nous avons tenté de le nier. De la menace qui se tapit derrière le moindre geste, la moindre décision. Du danger que nous constituons pour nous-mêmes.

Mais qui est le maître d'œuvre de ces crises, en premier lieu ? Qui les invente, qui nous les inflige ? Certains parlent de Dieu, d'autres de la société. Ou serait-ce la personne que nous avons décidé de charger de tous nos maux, mari, femme, mère, patron ? Ou nous-mêmes, peut-être ?

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24/02/2008

Javier Moro: Une passion indienne.

passionL'histoire.

Lors d'un voyage en Espagne, le Rajah de Kapurthala tombe amoureux d' Anita Delgado, une jeune danseuse, et fait d'elle sa cinquième épouse. Installée en Inde dans un magnifique palais, la jeune femme refuse de vivre avec les autres épouses de son mari et se voit rejetée tant par la famille de celui-ci que par les autorités anglaises. Après avoir donné naissance à un  fils, Anita voyagera régulièrement en Europe avec le Rajah qui tente de faire de son état un modèle de progrès.

Perdant peu à peu l'amour du Rajah, Anita tombera finalement amoureuse de Karan, l'un de ses fils. Ce scandale provoquera son divorce et son retour en Espagne après 17 années de mariage. Le Rajah restera néanmoins toujours en bonnes relations avec Anita et avec son fils.

Le livre.

Cette histoire d'amour un peu extraordinaire sert en fait de prétexte à Javier Moro pour nous dépeindre les grandes pages de l'histoire de l'Inde, le fonctionnement des institutions britanniques et la vie fastueuse des Maharajahs. De nombreuses anecdotes permettent de confronter le luxe des palais et la misère des campagnes. Ce sont aussi des pages d'histoire qui narrent le passage difficile de l'Inde traditionnelle à un état moderne et indépendant.

L'auteur.

Javier Moro est né en Espagne en 1955. Il est l'auteur du Pied de Jaipur (Albin Michel), de L'Opéra sauvage (Reader's Digest) et des Montagnes de Bouddha (NIL éditions). Il a aussi écrit avec Dominique Lapierre Il était minuit cinq à Bhopal, chez Robert Laffont. Une passion indienne a rencontré un formidable succès en Espagne.



L'inde administrée par les Britanniques.

En filant vers le rendez-vous de sa vie, le train qui l'emmène quitte la province de Bombay, qui fait partie de l'Inde britannique, et pénètre dans l'Inde des prin­cipautés indépendantes : Indore, Bhopal, Orcha, Gwalior... Des noms chargés d'histoire qui ne lui disent encore rien. Ils font partie des 562 Etats indépendants (dont le Kapurthala) qui occupent un tiers de la surface totale de l'Inde. Les deux autres tiers du pays sont sous-divisés en quatorze provinces - comme Calcutta, Madras ou Bombay - et chaque province est à son tour divisée en circonscriptions. Cette Inde-là est administrée directement par les Britanniques : c'est ce qu'on appelle le British Raj. L'autre tiers est une sorte de confédéra­tion où les princes indiens gouvernent et administrent leurs Etats de façon autonome, mais toujours sous la tutelle des Anglais. La Couronne britannique est chargée des affaires étrangères, de la défense de chaque État et administre d'une façon très efficace ce gigantesque puzzle. En principe, elle ne se mêle pas des affaires internes des principautés, sauf s'il faut intercéder dans un conflit ou relever de ses fonctions un rajah rebelle dont la loyauté au vice-roi est mise en doute.

Les principautés sont aussi diverses que ceux qui les gouvernent. L'État souverain d'Hyderabad, au sud, occupe un territoire grand comme la France. À l'ouest se trouvent des parcelles minuscules, certaines ne dépassant pas un kilomètre carré. Les 282 principautés de la péninsule de Kathiawar occupent une surface équivalente à celle de l'Irlande. Le Kapurthala, d'une superficie d'à peine six cents kilomètres carrés, fait partie des cinq principautés du Penjab.

Les Anglais ont pu unifier le sous-continent grâce à une politique habile d'alliances et au miracle d'une invention moderne : le chemin de fer. Dans les gares importantes, le chef est habituellement un Anglais qui porte l'uniforme de son pays et qui, à grands coups de sifflet, donne ordre aux convois de circuler ou de s'arrêter.


L'accident de train le plus absurde de l'histoire.

Le maharajah du Gwalior avait fait venir une grue spéciale pour monter sur le toit de son palais le plus gros de ses éléphants. Résultat : le plafond s'était effon­dré et ranimai avait été blessé. Il avait simplement voulu vérifier la solidité du toit, car il avait acheté à Venise un lustre gigantesque censé rivaliser avec ceux des plafonds du palais de Buckingham. Ce même maha­rajah aimait tellement les trains qu' il en avait commandé un en miniature dont les locomotives et les wagons cir­culaient sur des rails en argent massif entre les cuisines et l'immense table de la salle à manger de son palais. Assis aux commandes, il manipulait les leviers, les manivelles, les boutons et les sirènes et contrôlait la cir­culation des trains qui transportaient des boissons, des brochettes, des cigares ou des sucreries. Les wagons-citernes, remplis de whisky ou de vin, s'arrêtaient devant le convive qui réclamait un verre. La réputation de ce train atteignit l'Angleterre, car un soir, au cours d'un banquet offert à la reine Marie, les locomotives s'emballèrent en raison d'un court-circuit, éclaboussant de vin, de xérès, de sauce aux épinards et de poulet au curry les robes et les uniformes des invités. Ce fut l'accident de chemin de fer le plus absurde de l'histoire.


La recette du chameau farci.

Invitée un jour par le maharajah Ganga Singh au plus extraordinaire des banquets dans le palais de Bikaner, Anita demande à son hôte la recette du plat succulent qu'elle est en train de déguster. Il répond très sérieusement : « Préparez un chameau entier, dépouillez-le et nettoyez-le, mettez une chèvre à l'inté­rieur et dans la chèvre une dinde et dans la dinde, un poulet. Farcissez le poulet avec une grouse, puis mettez une caille et finalement, un moineau. Assaisonnez le tout, posez le chameau dans un trou creusé dans le sol et rôtissez-le. »


Les W.-C. de la reine Mary.

A Gwalior, tandis qu'ils dînent dans la salle à man­ger rendue célèbre par le train en argent massif qui apporte les boissons aux invités, la conversation s'engage sur la tournée de George V et de la reine Mary à l'occasion du Grand Durbar. La pauvre sou­veraine n'a pas pu étrenner la nouvelle baignoire en marbre construite spécialement pour elle au palais de Gwalior, car elle s'est écroulée dès qu'elle y a posé les pieds. Pendant cette même tournée, dans un autre État du centre de l'Inde, les ouvriers n'eurent pas le temps de faire fonctionner la chasse d'eau d'un W.-C. dernier modèle, importé de Londres exprès pour la visite royale. Le problème fut résolu en plaçant deux sweepers au plafond ; l'un d'eux avec un seau d'eau dans la main et l'autre avec la mission de suivre l'action de la salle de bains à travers une fente. Quand la reine tirait la chaîne, un des sweepers faisait signe à l'autre pour qu'il verse le contenu du seau dans la chasse d'eau. Les Anglais ne découvrirent jamais le subterfuge.


Editions Robert Laffont. - Points n°1630.

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08/02/2008

Michel Peyramaure: Les bals de Versailles

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Michel Peyramaure.

Michel Peyramaure est né à Brive, en Corrèze, en 1922. À sa sortie du collège, il travaille dans l'impri­merie de son père puis devient journaliste à La Mon­tagne, avant de se consacrer à la littérature. Son premier roman, Paradis entre quatre murs, paraît en 1954. Une cinquantaine d'autres suivront, mar­qués par son goût pour l'histoire de France - celle de ses provinces en particulier - et pour la littérature de terroir.

Au début des années quatre-vingt, il fonde, avec Claude Michelet et Denis Tillinac, l'École de Brive, un mouvement d'écrivains du terroir, tous Corréziens, qui renouent avec la tradition romanes­que et populaire du XIXe siècle. Il est également l'auteur de biographies (Henri IV, Cléopâtre, Suzanne Valadon, Sarah Bernhardt). Michel Peyramaure a reçu en 1979 le Grand Prix de la Société des gens de lettres pour l'ensemble de son œuvre. Écrivain « régional », il dit avoir « les deux pieds en Corrèze ».

Les Bals de Versailles.

Jamais plus prodigieux spectacle ne fut offert à un misérable orphelin. Le jeune Nicolas Chabert est devenu le protégé et le secrétaire de la Maintenon, future épouse dans le plus grand secret du Roi-Soleil. Ainsi, le hasard ou la providence l'ont arraché aux rues  boueuses de Saint-Eustache pour le plonger dans les plaisirs de l'Ile Enchantée. Il découvre et nous raconte tous les secrets de la cour.

Louis XIV attire alors tous les cœurs à lui. Il aime toutes les femmes exceptée la sienne. A Fontainebleau, à Versailles, il règne et séduit selon son bon plaisir. À la cour, les favorites éclipsent presque la reine. Passent Marie Mancini, Henriette d'Angleterre, la douce et timide Louise de Lavallière, la sublime Athénaïs de Montespan, et son émouvante
rivale, Marie-Angélique de Fontanges, victime probable de l'affaire des Poisons.

Au fabuleux carrousel des amours royales, de ses intrigues et de ses passions, Michel Peyramaure, en romancier, ajoute ses couleurs, sa vivacité, son regard neuf et ébloui.

Editions Robert Laffont - Pocket n° 12277.

Louis XIV en campagne avec sa cour...

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Lille vers 1793.

On passait d'une ville à l'autre. Après Lille, ce furent Charleroi, Tournai, Douai... On traversait, sur des routes défoncées par le passage des troupes et des convois, des campagnes accablées par la canicule, où persistaient les odeurs cadavériques des hommes et des chevaux. On arrivait aux étapes les reins moulus, cou­verts de poussière, les oreilles bourdonnantes du trot des chevaux et du battement des tambours, la faim au ventre. Il fallait, en descendant du carrosse, chercher, à travers des villages perdus, les portes marquées d'une croix par les fourriers, où l'on pourrait passer la nuit. Parfois on avait la chance de trouver sur son chemin un château ou la demeure d'un bourgeois. Le plus sou­vent on était hébergé dans des chaumières, des gran­ges, des fenils, quand ce n'était pas dans la fougère. On s'éveillait au clairon, le corps dévoré de vermine, sans rien d'autre pour faire toilette qu'un seau d'eau, une fontaine ou une mare puante. On laissait sur le carreau, sans s'apitoyer outre mesure sur leur sort, les dames qui ne pouvaient suivre ce train d'enfer. On payait un lourd tribut à la guerre et à l'honneur de suivre le roi. Sa Majesté en était-elle reconnaissante ? Elle s'en moquait !

Marie-Angélique de Fontanges, favorite du roi, invente une nouvelle coiffure.

Mlle-de-Fontanges_a

Un jour que, chassant ensemble en forêt de Ram­bouillet, ils étaient revenus trempés par une ondée, après une étreinte buissonnière, elle avait la chevelure en bataille. Ils se séchaient dans le pavillon de chasse, auprès d'un grand feu, quand Louis s'écria, alors qu'elle se rajustait :
-  Voilà qui est étrange !
-  Quoi donc, sire ?
-  Je veux parler de cette façon de vous recoiffer. Ces deux rubans qui attachent vos cheveux et pendent de chaque côté du visage... Est-ce ainsi que l'on se coiffe en Limousin ? Je trouve que cela vous va à ravir. Nous allons en lancer la mode !

Quelques jours plus tard, c'était chose faite. Mes­dames de la Cour tinrent à se coiffer « à la Fontanges » : deux rubans qui encadraient le visage, auxquels on ajouta une sorte de petit éventail déployé au-dessus de la nuque. La mode gagna non seulement Versailles mais tout le pays, et certaines Cours étrangères l'adop­tèrent.

Il y a quelques jours, une dame de mes voisines est venue me rendre visite dans ma gentilhommière du Périgord. Elle était coiffée « à la Fontanges ». Quand je lui révélai l'origine de cette mode et confiai que j'avais bien connu celle qui l'avait initiée, elle en fut éberluée.

 

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Différentes formes de coiffures « à la Fontanges ».

La coiffure à la Fontanges apparut vers 1678 à l'initiative de Marie-Angélique de Scoraille de Roussille duchesse de Fontanges dite Mademoiselle de Fontanges (°1661-1681), favorite de Louis XIV et rivale de la Maintenon.

De simple noeud relevant les cheveux bouclés sur le dessus de la tête, cette coiffure se transformera en un échafaudage de boucles complété ensuite par un bonnet, couronnant la tête d'une véritable architecture de mousseline, de dentelles, de rubans montée sur fil d'archal. La vogue en durera trente ans malgré les critiques et même la défaveur du Roi.

La chaire de vérité de l'église de Lamazière.

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Intérieur de l'église de Lamazière-Basse avec sa célèbre chaire de vérité.

À l'issue d'un souper, le roi proposa à ses convives de formuler leur vœu le plus cher. Quand vint le tour de Marie-Angélique, on s'attendit à ce qu'elle demandât à la Providence de lui conserver l'amour du roi. Elle répondit d'une voix timide :

- Sire, outre souhaiter que Dieu vous garde long­temps en vie, rien ne me serait plus agréable qu'une chaire pour l'église de Lamazière, en Limousin, proche de mon château de Roussille. Jadis, j'allais m'y recueillir, prier et porter des fleurs à la Vierge.

Ce vœu si simple fut exaucé sur-le-champ. L'hum­ble sanctuaire est aujourd'hui, dit-on, doté d'une chaire que les cathédrales de Limoges et de Tulle pourraient lui envier.

L'accès à la chaire ne se fait pas par un escalier latéral mais par une porte dans la mur donnant dans la sacristie. Elle est décorée d'anges, d'angelots, des Evangélistes, d'un Christ glorieux, de Dieu le Père et du Saint-Esprit. Cette chaire a été restaurée en 1970.

Description de la chaire de l'église de Lamazière-Basse: http://www.patrimoine-de-france.org/oeuvres/richesses-56-...

Source iconographique: http://pagesperso-orange.fr/geneamaz/v_lamaziere.htm

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01/09/2007

C'est toi que je veux. (Tyde Monnier: Rue Courte)

rue courte 01aExtrait de Rue Courte de Thyde Monnier, Editions Grasset - Les Cahiers Rouges.


Dans un coin bien abrité, il y a un énorme bou­quet éclatant. C'est un arbre de Judée. Tous les ans dès la fin de mars, il fait de ce coin sec un jar­din de toute beauté par sa gentillesse d'y ouvrir ses dix mille fleurs couleur de flamme. Et c'est si joli que tout ça éclate avant une seule feuille verte sur les branches noires, que Frisette, s'arrête émer­veillée pour mieux regarder. Alors elle s'aperçoit que pas très loin, il y a de grosses plantes d'iris vio­lets et aussi de ces touffes de giroflées quarantaines fines à toucher comme du velours et qui fleurissent en pleine rocaille. Et puis partout, contre ses pieds, devant, derrière elle, tout autour, il y a encore de ces millions de marguerites jaunes, ouvertes auras de terre. Toutes ces fleurs, Frisette les regarde et elle pense qu'y faut qu'elles aient envie de vivre pour fleurir dedans cette pierraille sacs eau. Elle tire à elle une hampe d'iris. Que c'est doux, que c'est joli, c'est comme du satin violet et ça sent si boni et c'est fait de quoi? de soleil et d'un peu de terre, pas plus, c'est beau cette chose quand on y pense. Cette colline, elle fait toujours le printemps bien avant la terre d'en bas. La vigne de la plaine, à peine si elle ose sortir ses pousses et déjà ici c'est tout parti.
 Lourde de tout ça, Frisette se laisse tomber sur une grosse pierre blanche qui se chauffe au soleil comme une larmeuse. Un besoin de repos lui vient d'un coup, une envie de s'étaler bras et jambes cas­sés par une lassitude de tant de vie. Mais là encore, sur cette pierre, à peine elle y est couchée, que contre son oreille, dans ses cheveux et sur ses doigts elle découvre la vie des bêtes. Ces fourmis, quelles travailleuses, toujours en train et toutes ces autres qu'elle est habituée à rencontrer au long des jours contre les murs des maisons et même dedans, les scarabées, les araignées, les mange-sèbes, les grillons, les sauterelles, comme elles semblent toutes avoir quelque chose de pressé à faire. Et de plus en plus le cœur de Frisette se gonfle, sa chair veut prendre plus de place sous les vêtements. Du fond d'elle, semblent monter des bulles d'huile molles qui s'élargissent à la surface de la peau et la font toute moite. Retournée contre le sol, elle en moule les os durs dans le tendre de ses cuisses et une pierre lui rentre au caché du ventre, là où c'est bon d'être meurtri. Entre ses doigts, elle frotte la fine poussière rouge que le vent a amassé dans les coins de ro­chers. Le soleil sur ses reins maintenant, met une main chaude et lourde et comme elle a la face ser­rée entre la terre et ses cheveux, d'un coup elle en sent toute l'odeur qu'elle n'avait jamais tant senti jusqu'à ce jour. Le visage rouge de chaleur, elle reste là écrasée entre cette pâte d'herbe et de fleurs qu'elle pétrit et cette forêt de cheveux qui la saoule de son odeur. Elle se sent pleine de sève, de parfums et de chaleur comme cette terre et ce ciel, comme ceux-là elle voudrait donner tout le dedans secret de son corps qui s'ouvre de lui-même et d'un soupir elle le donne, se serrant encore plus contre la terre dure, mâchant le lait de l'âpre fleur jaune, elle crie tout bas pour elle toute seule :« Jean, c'est toi que je veux ».

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