09/02/2007

La Senne à ciel ouvert?...

senne-41Où est encore, à Bruxelles, cette eau dont on dit qu'ellefait l'âmed'une ville? Dans son canal glauque et quelquefois nauséabond? Dans les quelques bassins entourant la place Sainte-Catherine ? Dans le charmant petit Mannekenpis et les quelques autres fontaines de Bruxelles ? C'est un peu court sans doute...

 

Et pourtant, Bruxelles a sa rivière, qui y coule comme toutes les rivières. Une vraie rivière comme Paris a la sienne, la Seine. À Bruxelles, c'est la Senne. Mais Bruxelles a enterré sa belle rivière au 19ème siècle. La Senne n'était pas saine, avait-on dit à l'époque, car tous les égoûts de la ville s'y déversaient et son « voûtement » allait préserver la santé publique. Aujourd'hui pourtant, après la construction de gigantesques stations d'épuration des eaux, les habitants se mettent à rêver de la voir ressortir des entrailles de la ville. Et ce rêve pourrait bien se réaliser d'ici quelques années.

 

sen-teinEn effet, sur les six kilomètres qu'elle parcourt sous le cœur de Bruxelles (depuis Drogenbos jusqu'au Pont Van Praet, en passant sous les boulevards du centre), plusieurs projets de bassins urbains ont été imaginés, où l'on verrait enfin la vraie Senne couler sous nos yeux. Pas un simple petit bras aux eaux stagnantes mais la vraie rivière vivante. Le projet est ava­lisé par la Région de Bruxelles-Capitale qui est prête à mettre 20% du budget nécessaire. Le reste pourrait être financé par la Communauté européenne, si elle accepte à son tour ce projet un peu fou, mais combien porteur de sens ! Bruxelles-sur-Senne est peut-être de retour !

 

(Article publié dans Construction - février 2007)

19:45 Écrit par Lucky Skywalker dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : urbanisme, bruxelles |  Facebook |

26/11/2006

H2PIA, une ville à l'hydrogène.

Le Danemark projette de réaliser une nouvelle ville utopique, baptisée H2PIA, fonctionnant uniquement grâce à l’hydrogène, énergie gratuite et renouvelable produite grâce au soleil et au vent. Ce carburant vert devrait alimenter les maisons, les commerces, les bâtiments publics, les voitures particulières et les infrastructures routières. Il ne devrait en outre produire aucun déchet résiduel nuisible puisque, une fois utilisé, il se transformerait en eau, elle-même recyclable en nouvelle source d’énergie…

Les maisons et bâtiments de cette cité possèderaient chacun leur propre éolienne et, grâce à leurs formes courbes, profiteraient au mieux de l’énergie solaire.

 

utopie01

 

Les villas « plugged » (branchées sur le réseau ) s’alimenteraient à la station centrale d’oxygène. Ces résidences communautaires seraient situées en centre urbain et destinées essentiellement aux jeunes citoyens de cette nouvelle ville.

Les villas « unplugged » (débranchées de tout réseau) produiraient et recycleraient seules leur énergie. Implantées en périphérie, elles seraient réservées à des familles de quatre à cinq personnes.

 

utopie02

 

 

 

 

 

Cette ville utopique répond aux soucis écologiques de notre temps en proposant un concept basé sur l’utilisation d’une énergie alternative. Une véritable utopie du Troisième millénaire qui fait place aux utopies architecturales et urbanistiques du Vingtième siècle et aux utopies sociales du Dix-neuvième.

Lien: http://www.h2pia.com

22:43 Écrit par Lucky Skywalker dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : urbanisme |  Facebook |

21/11/2006

Bruxelles: un nouveau visage.

Le futur Palais des Congrès.

palais des congrès

 

 

Fermé depuis 2003, le Palais des Congrès a été désamianté et sa rénovation qui débutera en avril 2007 devrait se terminer le 20 septembre 2009, date prévue pour sa réouverture. Le nouveau Palais des Congrès comportera:

  • un hall d'entrée en verre translucide,
  • trois auditoires de 300, 500 et 1.200 places,
  • 4.000m² de surface modulable,
  • deux salles de conférences de 100 et 150 places,
  • 20 salles de sommissions,
  • un auditoire de plain air pour la projection de films,
  • un restaurant panoramique,
  • un brasserie avec terrasse s'ouvrant sur les jardins du Mont des Arts.

Place Rogier.

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Le projet lauréat du concours d'architecture pour le réaménagement de surface et souterrain de la Place Rogier propose la réalisation d'un immense auvent en verre, soutenu par une charpente métallique et qui couvrirait la station de métro. Les quais du métro seront donc visibles de la place et entourés de nouveaux commerces. Tous les abords de la place seraient complètement réaménagés et plantés d'arbres. Un centre de congrès serait également créé en sous-sol. Les premiers coups de pioche seraient donnés en octobre 2007 et les travaux se termineraient début 2009.

Fresque en trompe-l'oeil.

fresque trompe oeil

 

Cette fresque, oeuvre de Jean-Marc Collier, est l'une des plus grandes de la capitale puisqu'elle fait 800m². Elle se situe rue Victor Rauter à Anderlecht, face au parc de Biestebroeck. Quatre niveaux percés de portes et fenêtres sont représentés sur un pignon comme un papier peint en train d'être décollé par un personnage. Plus loin, de fausses arcades encadrent une vue du canal de Neerpede.

19:09 Écrit par Lucky Skywalker dans Architecture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : architecture, urbanisme, bruxelles |  Facebook |

28/09/2006

Livres d'architecture

Meilleures ventes de livres d’architecture en 2005 dans les librairies françaises spécialisées.

 

 

  1. 25 maisons en bois – D. Gauzin-Muller – Le Moniteur
  2. Milieux – P.Berger – IFA
  3. La ville franchisée – D.Mangin – La Villette
  4. De toi à moi, mille et une façon d’habiter – Courrier International – Hors-série Maison
  5. Grammaire des immeubles parisiens – C.Mignot – Parigramme
  6. Règlement sécurité incendie – France Sélection
  7. L’architecture écologique – D.Gauzin-Muller – Le Moniteur
  8. Architecture Now – Ph.Jodidio – Taschen
  9. Paris Architecture et design – Te Neues
  10. Projet urbain – D.Mangin et Ph.Panerai – Parenthèses
  11. Le vocabulaire de la maison de A à Z – G.Calvat – Alternatives
  12. Analyse urbaine – Ph.Panerai, J.-Ch.Depaule, M.Demorgon – Parenthèses
  13. Formes urbaines, de l’îlot à la barre – J.Castex, J.-CH ;Depaule, Ph.Panerai – Parenthèses
  14. Vocabulaire illustré de la construction – M.Paulin – Le Moniteur
  15. Une année d’architecture 2004 – amc-Le Moniteur architecture
  16. Eléments de projets de construction – Ernst Neufert – Moniteur
  17. Silence et lumière – Louis Kahn – Linteau
  18. Les villages invisibles – Italo Calvino – Seuil
  19. New-York délire – Rem Koolhaas – Parenthèses
  20. Atlas Phaïdon de l’architecture contemporaine
  21. Paris-Les Halles, concours – amc-Le Moniteur
  22. Glenn Murcutt – Françoise Fromonot – Gallimard
  23. Un urbanisme des modes de vies – Ariella Masboungi, Alain Bourdin – Le Moniteur
  24. Objet(s) public(s) – Xavier Gonzalez – Pav.Arsenal
  25. Urbanisme, utopies et réalités – Françoise Choay – Seuil
  26. SANAA (Sejima & Nishizawa) – El Croquis 121-122
  27. Espèces d’espaces – G.Perec – Galilée
  28. Archilab 2004 – B.Lootsma – HYX
  29. Poétique de la ville – P.Sansot – Payot
  30. A propos de Rem Koolhaas – Le Moniteur
  31. Superarchitecture, le futur de l’architecture – D.Rouillart – La Villette
  32. Petit dictionnaire des idées reçues – P.Dutertre – Duduche
  33. Le Corbusier – J.-L.Cohen – Taschen
  34. Vers une architecture – Le Corbusier – Flammarion
  35. Louis Kahn, la construction poétique – L.Rivalta – Moniteur
  36. Robert Mallet-Stevens, l’œuvre complète – Centre Pompidou
  37. La Chartre d’Athènes – Le Corbusier – Seuil
  38. L’art de bâtir les villes – C.Sitte – Seuil
  39. La poétique de l’espace – G.Bachelard – PUF
  40. L’Architecture – Ph.Madec – Autrement
  41. La dimension cachée – E.T.Hall- Seuil
  42. Adelfo Scaranello – Presse du réel
  43. Non-Lieux – M.Augé – seuil
  44. Vivre à l’oblique – C.Parent – J.M. Place
  45. Frédéric Borel – R.Scoffier – Norma
  46. Apprendre à voir l’architecture – B.Zevi – Minuit
  47. L’image de la cité – K.Lynch – Dunod
  48. Urbanisme – Le Corbusier – Flammarion
  49. Métamorphoses durables (Biennale de Venise) – F.H.Jourda – Moniteur
  50. L’architecture de la ville – A.Rossi – In-Folio
  51. Espace, temps, architecture – S.Giedon – Denoël
  52. Buckminster Fuller, scénario pour une autobiographie – R.Snyder – Images modernes

 

Liste publiée dans AMC - Le Moniteur de l’Architecture n°157 Janvier 2006

 

Lien : http://www.lemoniteur-expert.com/promotion/amc/offre_archi-student.htm

 

 

15:22 Écrit par Lucky Skywalker dans Architecture | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : architecture, urbanisme, livres |  Facebook |

29/05/2006

Berlin, la "Nouvelle Teutonie".

 

 

 

 

C'est au siècle des Lumières que l'urbanisme de Berlin connut un essor qui fit d'elle l'une des plus grandes métropole européenne qui finira par couvrir près de huit fois la superficie de l'agglomération parisienne.

 

Hans Stimman, s'exprimant dans son "Planwerk Innenstadt", fut le premier urbaniste planificateur de la ville. C'est lui qui fut à l'origine du style berlino-prussien de ses bâtiments anciens dont l'enveloppe massive et basse, d'une hauteur imposée de 22 mètres, devait être enveloppée de façades en pierre naturelle, percée d'ouvertures régulières.

 

Avant la première guerre mondiale, Berlin, seule ville allemande sans véritable passé architectural ancien, avait l'aspect d'une ville militaire prussienne dont les façades colorées de tons pastels ocre, rose et bleu ne pouvaient rien enlever à son austérité, à sa froideur et à sa rigidité peut-être due à la présence entre ses murs de nombreux juifs et descendants des huguenots.

 

Ces bâtiments prussiens allaient ensuite être recouverts des ombres noires de la révolution industrielle qui allait transformer la capitale en ville d'effroi, à l'odeur de goudron et de fumées. Berlin allait en effet alors connaître la plus forte concentration ouvrière de toute l'Allemagne. A la création de nouveaux quartiers prolétaires allait s'adjoindre le casernement des soldats dans des anciens immeubles, juxtaposant ainsi les îlots sinistres, lugubres, misérables et surpeuplés. Cette situation explique sans doute la transformation de Berlin en véritable forteresse du Parti Communiste allemand où le Troisième Reich hésitera longtemps à pénétrer.

 

Après 1870, Berlin devint capitale du Reich: de ville militaire, elle acquiert la réputation d'être aussi une ville provinciale. La ville s'étend jusqu'à la campagne suite à la construction de quartiers de nouveaux riches, principalement à l'Ouest. Elle est en fait constituée de villes juxtaposées aux contrastes sociaux importants.

 

 

 

 

 

Après la première guerre mondiale, Berlin devint, sous la république de Weimar, une importante métropole culturelle et artistique d'avant-garde avant que les Nazis ne détruisent les vieux quartiers historiques de l'Est afin d'y organiser les parades de chars dans les grandes artères nouvellement créées.

 

La guerre et la ruine imprimèrent ensuite la mémoire de la ville dans la pierre en y laissant les traces des balles et des bombardements, devenues invisibles dans les autres villes allemandes. Berlin devint ainsi une ville de ruine portant le deuil de l'histoire.

 

Le style réaliste socialiste des années 50 marqua ensuite la ville à l'Est, notamment par la destruction complète de l'Alexanderplatz pendant qu'à l'Ouest, les destructions étaient opérées par soucis de rentabilité. La froideur des quartiers neufs de la RDA, due à la médiocrité de leur architecture, se juxtaposa aux constructions neuves de l'Ouest dont certaines, sous l'impulsion d'une vie artistique très féconde, peignirent leurs façades de l'ombre des immeubles précédents et témoignèrent ainsi de la mémoire des lieux disparus.

 

Lors de l'érection du mur, la ville fut recouverte d'une nouvelle chape de tristesse. Ceux qui l'aimaient choisirent de continuer à y vivre et, par une sorte de masochisme, décidèrent d'établir un no man's land autour de cette frontière de la honte en rasant toutes les constructions qui la voisinaient à l'Ouest et en établissant à l'Est une barrières de bâtiments sinistrement murés et d'immeubles rébarbatifs à vocation administrative.

 

La disparition du mur laissera un grand vide ouvert à toutes les promesses, une juxtaposition de tissus morts ou paralysés avec des tissus vivants actifs qui donnent à la ville son caractère si particulier. Au nom de la reconquête de la mémoire et dans l'euphorie de la réunification, on luttera violemment, dans les quartiers turcs du Kreutzberg, contre la démolition des vieux immeubles, on tracera sur le sol un large trait rouge marquant l'emplacement du mur de la honte disparu, on emballera de toile de bâche le Reichstag promis à la rénovation, on reconstruira en trompe-l'œil la façade du château des Hohenzollern peinte sur une toile géante et on édifiera, à l'emplacement du bunker d'Hitler, l'utopie architecturale et urbanistique post-moderniste du nouveau millénaire, témoignage de la démesure des grands projets institutionnels de l'Allemagne nouvelle.

 

La nouvelle capitale allemande est déchirée entre deux objectifs contradictoires: se donner une image de vraie capitale et assurer un développement économique rapide. Elle manque en effet d'une véritable vision unifiée. Que garder de l'histoire prussienne, hitlérienne ou communiste de la ville, histoire à l'image sinistre et négative? Comment construire une vision à plus long terme du rôle de l'Allemagne et de sa capitale dans une Europe qui s'étend de plus en plus à l'Est? Comment définir cette vision qui dépasserait l'urgence des prochaines années?

 

La ville hésite entre le conformisme de la vieille formule imposant le block comme module de base à la reconstruction de la ville et l'appel des expériences conceptuelles déconstructivistes les plus radicales, entre un style traditionnel légitimé dans la tradition et une architecture plus démocratique,  plus actuelle ou même avant-gardiste par rapport à un style plus berlinois que berlinois et que certains nomment déjà la "Nouvelle Teutonie"...

 

 

 

 

 

07:15 Écrit par Lucky Skywalker dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : architecture, urbanisme, berlin |  Facebook |

28/05/2006

Berlin, capitale improbable.

 

 

 

 

 

Si, à l'exemple des guides qui souhaitent satisfaire toutes les curiosités touristiques, l'expression "ville de contraste" est presque éculée, c'est pourtant le qualificatif qui convient le mieux à la ville de Berlin.

 

Lorsque l'on débarque du train ou du bus à la gare du jardin zoologique, on est frappé par la banalité des lieux. Si ce n'était la présence des ruines de la tour de l'église dédié à l'empereur Guillaume Ier, juxtaposition d'une dent creuse et d'un bâton de rouge à lèvre devenue le symbole de Berlin et conservée pour témoigner de l'horreur de la guerre, la largeur des avenues abondamment arborées et parcourues par des cyclistes suréquipés et des vélos-taxis aux allures futuristes et les amateurs de football agitant des drapeaux dans un concert tonitruant de klaxons de voitures, si ce n'était tout cela, l'Europa-Center  et l'avenue commerçante Tauentzienstrasse menant au grand magasin KaDeWe seraient d'une banalité désespérante.

 

Mais Berlin est une ville qui se mérite. Et ce quartier est à l'image de la ville... En le parcourant un peu plus tard en véritable curieux, vous y serez surpris par la juxtaposition d'images hétéroclites et la richesse des contrastes architecturaux et sociaux qui témoignent de l'absorption par cette capitale "introuvable" de toutes les incongruités contemporaines de sa dyslexie urbanistique.

 

Ici, on ne peut s'empêcher de penser aux "Cités obscures" de François Schuiten, ce célèbre "urbatecte" surréaliste qui publie ses planches aux éditions Casterman: les immeubles insipides des années 60 se juxtaposent aux structures métalliques des transports aériens, les aubettes populaires de la gare aux maisons et jardins bourgeois de la Fasanenstrasse et les immeubles exotico-rococo du jardin zoologique à la tour post-moderniste du Kant-Dreieck, œuvre de l'architecte Josef Paul Kleihues, couronnée d'une girouette de 18 mètres de haut, véritable crête de coq placée là avec ostentation en hommage à Joséphine Baker...

 

 

 

 

 

 

C'est la croisière en bateau sur la Spree et le Landwehrkanal qui confirmera le mieux cette première impression en vous menant du château baroque de Charlottenburg, au pont néo-gothique Oberbaumbrücke sur la Spree et aux statues gigantesques de trois lutteurs de métal se reflétant dans les eaux d'un lac où passe une vieille péniche à vapeur et où se mire un hydravion jaune prêt à prendre son envol.

 

Entre temps, vous aurez navigué devant d’anciennes friches industrielles rénovées, de beaux quartiers résidentiels, de clinquants immeubles administratifs et de sinistres bâtiments d'avant ou d'après-guerre, le nouveau parlement et la coupole futuriste du Reichtag rénové, les lourds et massifs édifices de l'île des musées partiellement fermés pour cause de rénovation et la dégoulinante coupole néo-baroque de la cathédrale, la sphère de béton et de métal supportant les antennes de la Fernsehturm ainsi que le quartier St-Nicolas reconstruit plus vrai que nature dans un style que n'aurait pas dédaigné Walt Disney.

 

Au retour, votre bateau passera sous les structures métalliques art déco de la station de métro Hallesches Tor, le vieux coucou américain suspendu à une esquisse de façade du futur musée des transports et des techniques, un pont de métro pénétrant avec insolence par le porche d'entrée d'un vaste immeuble, l'ombre immense des grandes arches administratives fermant le nouveau quartier de la Potsdamerplatz, le vaisseau de verre et de métal noir conçu en 1963 par Mies van der Rohe sur le Kulturforum et enfin, avant l'accostage, sous la façade immaculée du Bauhaus-Archiv, autre vitrine d'un mouvement en son temps novateur.

 

 

 

 

 

 

Déjà, vous serez étonné. Et pourtant, vous ne serez pas au bout de vos surprises! Prenez le métro, renommé pour son efficacité, et allez voir aussi la célèbre porte de Brandebourg dont notre arche du Cinquantenaire n'a pas à pâlir, la Colonne de la Victoire, perdue au milieu du Tiergarten et minuscule au milieu de son rond-point, les bâtiments historiques d'Unter den Linden, peu dignes d'intérêts, défigurés par les canalisations roses et bleues qui surplombent le chantier s'étirant tout au long de l'avenue, les coupoles de la place de l'Académie disparaissant au milieu d'une forêt de gradins métalliques disposés pour un spectacle, les rues barrées et les immeubles en démolition éparpillés partout dans le Berlin en devenir... Et malgré tout cela, vous serez cependant étonné par les zig-zag métalliques du Musée Juif nouvellement construit par Günter Schneider, par la chaleur des façades rouges de la place dédiée à Marlène Dietrich dans le quartier de la Potsdamerplatz et surtout par le gigantesque parapluie blanc qui couvre les immeubles du Sony Center, œuvre des architectes Helmut Jahn et Philip Castillo et surtout la coupole futuriste du Reichtag, rénové par Norman Foster, lieu symbolique par excellence du nouveau Berlin.

 

En parfait touriste, n'oubliez pas non plus de jeter un coup d'œil aux musées berlinois. Malgré une présentation parfois un peu démodée et un cadre désuet, il n'en reste pas moins vrai qu'il y a dans ces musées berlinois des collections à faire pâlir d'envie les plus grands musées du monde, depuis la fameuse tête de Néfertiti jusqu'au monuments reconstitués dans le Musée de Pergamme en passant par les trésors découverts à Troie par Schliemann et les peintures romantiques de Caspar David Friedrich. Si vous avez encore du courage, allez faire un tour dans le parc du château de Charlottenburg dont la façade baroque jaune pastel cache de nombreuses salles d'exposition et des appartements au lourd mobilier d'une esthétique aujourd'hui peu convainquante.

 

Car Berlin, c'est tout cela: un musée à ciel ouvert du Troisième Millénaire, au visage défiguré, unique et contrasté, une allégorie bâtie de puissances totalitaires, une trace des pouvoirs déchus, un rideau de deuil de l'horreur et de l'utopie, une façade ravalée des drames, un miroir pour les rêves. C'est un amalgame d'empires, d'années folles, de Bauhaus, de Troisième Reich, de RDA, de futurisme, d'utopies modernes et post-modernes, le tout rassemblé dans un contexte hétérogène et distendu. C'est une juxtaposition surréaliste d'immeubles prussiens stricts et colorés, de bâtiments d'avant-guerre criblés de balles, de parcs immenses redevenus bois sauvages, d'étendues trouées d'espaces vacants et désolés, de monuments modernes se dressant dans leur solitude, de grands chantiers ouverts sur des lendemains meilleurs et de lieux où se côtoient le deuil et le mémoire. Ce n'est finalement qu'un vieux patchwork troué, rapiécé avec des morceaux de textiles en nouvelles fibres synthétiques...

 

 

 

 

 

 

 

19:46 Écrit par Lucky Skywalker dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : architecture, urbanisme, berlin |  Facebook |